ARBITRAGE

La plupart des gens – amer constat – disent des arbitres : « ah ben oui… il en faut ». Oui. Il en faut. Sans arbitres, comme sans joueurs, le jeu n’est pas. Et nous avons tous le même objectif : faire vivre notre sport. Alors autant cohabiter du mieux possible, même si nos intérêts demeurent parfois contraires. C’est le jeu. C’est la règle.

Un arbitre n’est pas qu’un bon petit soldat gardien des lois qui compte des points. Il est un élément du match qui a la notion de partage, le partage du même sport avec les joueurs. Un bon arbitre se fond dans le jeu qu’on lui propose avec la volonté de faire quelque chose de beau avec les joueurs.

L’arbitre doit faire preuve de constance, de prise de décision rapide et d’assurance. Il doit avoir à l’esprit : attitude, intégrité, équité, jugement, communication, cohérence et bon sens. Si l’esprit et l’intention des règles sont compris, le bon sens ira de pair. Les joueurs n’auront alors aucun mal à lui faire confiance.

Ce que l’on attend d’un arbitre, c’est avant tout une décision. Cela peut paraître une lapalissade, mais ceux qui pratiquent l’arbitrage savent que la décision doit être prise dans un temps quelquefois très court dans un environnement quelque fois hostile. Ce qui n’est pas permis à tout le monde. Ensuite c’est l’équité et la cohérence dans les prises de décision qui sont attendues.

La formation d’un arbitre repose sur trois piliers : le savoir (c’est la connaissance de la règle), le savoir faire (c’est la mise en application sur le terrain) et enfin le savoir être (lié à la personnalité). Le plus important de ces facteurs, du moins celui qui fera la différence est le savoir être. Il nous arrive aujourd’hui, nous, formateurs, de dire à des candidats à l’arbitrage : « tu n’es pas fait pour çà, reste dans le badminton mais pas dans l’arbitrage ! ». La personnalité permet de passer partout quelles que soient les conditions (être autoritaire sans être autoritariste, gérer les conflits, gérer le jeu…).

Faut-il nécessairement avoir pratiqué la discipline pour être arbitre ? Oui et non. Le fait d’avoir joué est un atout indéniable dans la connaissance des mécanismes de certaines phases de jeu. Par contre l’inverse est vrai également : ce n’est pas parce que l’on a été un bon joueur que l’on fera forcément un bon arbitre.

En tant qu’arbitre, peut-on être jeune et performant ? Oui, la valeur n’attend pas les années. Dans le passé les joueurs venaient à l’arbitrage vers 35 ans. Aujourd’hui les jeunes dès 11 ans, réussissent très bien dans cet exercice, surtout si leur accompagnement est bien structuré.